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Tarwende Beb-yagda


Tarwende Beb-Yagda,
Kuilghin Sièbgo
et
Jérôme Compaoré
sont une seule et même personne



dont voici une présentation sommaire

Le soleil déclinait. Une brume cendreuse obstruait le couchant. Tandis qu’un voile brunâtre enveloppait le village, mon père s’en éloignait d’un pas alerte. Ma mère, moins vive, peinait à le suivre. Sous les tropiques l’on ne connaît pas les crépuscules qui s éternisent. Bientôt le rideau ténébreux de la nuit recouvre toute chose, ne laissant paraître qu’un ciel vite constellé. Hâtant le pas dans la direction du levant, le couple sombre avançait à la lueur laiteuse d’une lune généreuse. Ils étaient encore mes futurs parents. C’est du moins ce que dit ma légende car, confabule-t-on, je ne suis pas venu en ce monde comme le commun des bébés. Bravant la nuit, défiant sans peur la panthère, la hyène et le lion, souverains nocturnes de la brousse assoupie mes parents suivaient à la lettre la prescription du charlatan. Il leur avait dit
- Vous quitterez ce village lorsque les silhouettes des bois mêleront leur ombre démesurée aux rayons moribonds du soleil couchant. Ce sera l’heure où les dieux de nos ancêtres daignent écouter la voix cassée de nos vieux sacrificateurs. La paix du soir sera votre compagne. Naam tiibo sera au devant de vous.
Naam tiibo est un des dieux tutélaires sans l’aval desquels aucun règne n’est possible en pays mossi. Le charlatan ajoutait:
- Nul ne peut régner s’il ne naît d’abord et l’on ne règne qu’à condition de subsister. Jusqu’à ce jour ton épouse n’a connu que des bébés qui s’en sont retournés. Or, je vous l’assure tous ces bébés repartis ne sont qu’une seule et même âme, un seul et même enfant. N’est-il pas rené avec la marque que vous lui avez faite avant de l’ensevelir ?
- Tu dis vrai, acquiesçait mon père.
En effet, raconte-t-on, avant moi, tous les bébés de ma mère mouraient avant d’être assis. Chaque fois qu’elle en attendait un autre, ma mère espérait entendre le doux nom de maman. Cela n’arrivait jamais et chaque fois que l’on portait le bébé en terre, elle pleurait sans bruit toutes les larmes de son corps. Elle aurait tout vendu, y compris son âme, pour n’être plus la risée de ses congénères, pour n’être plus «femme maudite» tel que cela se murmurait dans son dos. Chez nous, une femme sans enfant est généralement considérée comme une femme maudite. L'on voit bien que j'étais désiré mais, paradoxalement, je n'aurai jamais eu un vrai prénom. (...) Bien qu'attendu, enfant tant espéré, je serai, curieusement, parmi les enfants de mon père, le seul fils qui grandira sous d'autres cieux, loin, très loin de Tanlarghin notre village, loin de Ouagadougou, très loin des attentions de mon père, beaucoup trop loin de la tendresse de ma mère ... mais je n'étais pas en âge de choisir.




Jérôme Compaoré en 1963 au Collège Saint Jean de Gagnoa en Côte d'Ivoire
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Ce qui précède ressemble fort aux premières lignes d’une fiction mais en fait, elles pourraient constituer la première page de ma biographie, si j’en écris une. Je suis né à Tanlarghin banlieue de Ouagadougou au Burkina Faso et depuis, le hasard des contingences m’ont conduit toujours plus loin de mon ma terre natale.

Je semble «formaté» pour être un citoyen du monde. En ce moment je vis à Reims, en France. Je vis une autre réalité. Toute nouvelle expérience est une école. Un autre pan de mon parcours atypique se construit, en attendant la prochaine étape de mon destin capricieux. (
Ils sont nombreux ceux qui souhaitent que j'en parle plus amplement dans un livre). Pourquoi pas ? ...

Dans les années 60 j’ai grandi à Gagnoa en Côte d’Ivoire. Je peux affirmer que j’ai dû prendre ma destinée en main même avant l’âge de la première photo. Ça n’était pas un choix délibéré. C’était sous la dictée du destin. Seul et loin de tout parent je n’ai pas eu d’autres alternatives.

Servi, par une fortune extraordinaire j’ai pu me rendre en France et en revenir diplômé de la Sorbonne (en Histoire des idées), de l’Université Catholique de l’Ouest d’Angers (pour la formation de professeur), diplômé de l’Université de Lyon 2 (en Sciences de l’Éducation) puis de la Sorbonne également (en Lettres Modernes). Cela après être passé, pour la formation de chef d'établissement, à l'ISPEC d'Anger. Et, longtemps avant, il a bien fallu réussir le CEPE à Soubré en Côte d'Ivoire. Faute de copie d'acte de naissance je n'ai pas été présenté au concours d'entrée en 6ème. Mon maître Christophe Prégnon, vivant toujours à Guéyo, m'a tout de même inscrit sur la liste du concours d'entrée au Collège Saint Jean de Gagnoa. Il ne supportait pas que celui qui a toujours été le major n'eût pas la chance de poursuivre des études dans le secondaire.

"Ne sera admis que dans la mesure des places disponibles."

C'est ce que je pouvais lire au bas des résultats du concours. Non pas que j'aie produit une piètre performance mais parce qu'il y avait 2 catégories d'élèves : ceux affectés par l'État, les prioritaires, et ceux qui, comme moi, sollicitaient les places restantes. Entré le dernier j'y serai le major de ma promotion. Si bien que, plus tard, mes camarades au lieu de me féliciter pour mon succès au Bac diront: "Pour toi, ça n'était qu'une formalité." Réussir le Bac n'a été une formalité que pour bien peu de candidats qui ont manqué une ou deux classes de lycée. Ça ne l'était surtout pas pour moi qui, n'ayant jamais fait ni la classe de seconde ni celle de première et encore moins la terminale, ai tout de même réussi le Bac A4 en candidat libre. Autodidacte, je sais ce que cela veut dire. Même les génies sont faits d'un dixième d'inspiration et de neuf dixièmes de transpiration.




Jérôme Compaoré en 1990, chef d'établissement à Gagnoa en Côte d'Ivoire

Mon métier d’enseignant, déroulé notamment en Côte d’Ivoire, est décliné comme suit: instituteur, directeur d’école primaire (pendant 4 ans), conseiller pédagogique pour l’enseignement primaire (pendant 3 ans), professeur de collège, chef d’établissement secondaire (de 1985 à 2002) et formateur de formateurs (notamment1997). Cette dernière casquette m’a permis, grâce à l' ISAPEC (dont j’ai été aussi un des directeurs adjoints de 1997 à 2002), de participer à la formation de nombreux cadres des métiers de l’éducation des pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, Congo, Démocratique, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Madagascar, Mali, Niger, Rwanda, Sénégal, Tchad et Togo. [ L’ISAPEC est un institut supérieur de formation continue et initiale des cadres, un outil au service des 17 pays africains cités plus haut]. J’ai eu l’occasion de séjourner dans nombre de ces 17 pays. J’ai pu y nouer des amitiés qui sont autant de tremplins pour l’ouverture à l’universel, autant de richesses tant il est vrai qu’« il n’y a de richesse que d’hommes».

Ce n’est jamais ni aisé, ni innocent de présenter quelqu’un et il est bien moins confortable de se présenter soi-même. L’homme n’étant pas la somme de ses costumes (vite désuets) ni l’aurore de son visage (à la merci de la première vérole maligne), c’est donc ses idées qu’il importe de proposer. Ce sont elles qui le campent le mieux et qui le caractérisent en premier. Ce sont ses idées, surtout lorsque celles-ci sont traduites en actes. L'idée et sa beauté sont impalpables. C’est sans doute cette vérité qui fait dire à Antoine de Saint-Exupéry que «
l’essentiel est invisible pour les yeux». Sinon pour présenter une personne, une photo suffirait bien largement.

Nous sommes tous citoyens de notre village planétaire mais notre imagination a beaucoup de mal à nous installer dans cette vaste cité.

Balkanisation, ghettos des villes et ghettos de l’esprit surout, complexes de supériorité (ou d’infériorité), telles sont les réalités qui nous empêchent de dire : «
Si tu es différent de moi, loin de me léser, tu m’enrichis.» Nul n'est assez puissant pour se passer des autres. ( Pour y réfléchir avec Sully Prudhomme). Et puis la roue de notre vie tourne, imperturbable, et parce qu’elle tourne sans discontinuer, elle nous réserve tous les possibles. …

Cela devrait permettre à chacun de relativiser. Splendeur et misère, grandeur et décadence, opulence et pauvreté ou guerre et paix sont des "couples" formant les 2 faces de la même médaille. Personne ne peut affirmer qu'il toujours le choix de la bonne face.

Au lieu d’élever des murs ou de nous isoler sur des tours "imprenables", nous devons construire des ponts et jeter des passages entre les homme
Internet, dont l'ambition est de relier tous les ordinateurs du monde, s'il est sainement exploité, a le mérite d’être un vecteur de communication, de communion et d’union.

Il faut bien plus que de l’humilité pour apprécier les petits ponts de bois ou les ponts de lianes, qui ne tiennent parfois que par mystère.

Il faut bien plus que de l’humilité pour estimer, aujourd’hui, un site web qui, comme celui-ci, n’est pas un site d’experts.

Ce site est à l’image de ces ponts de fortune. Comme eux, comme tous les ponts du monde, il a le souci et le mérite de l’intention fraternellecelle, il exprime la volonté d’être un lien entre les hommes. Il a le mérite de proposer un canal d'échanges, un lieu du donner et du recevoir, un petit coin de partage.

Qui suis-je ?


Je ne suis pas un informaticien mais un éducateur qui se soucie du «Comment utiliser les meilleurs outils pour étayer son enseignement.» Internet en est un, désormais incontournable. Il est celui qui permet le plus l’ouverture à l’universel. Ouvrir à l’universel implique un regard divers sur les choses et les êtres de notre village global. Vouloir tout embrasser peut paraître composite, hétéroclite et ambitieux mais il est parfaitement concevable de balayer d’un regard serein les «aspérités» de des choses qui dominent l’aujourd’hui, forgent les contingences de notre entourage immédiat et décident, parfois malgré nous, du devenir de notre monde.

Il est certainement envisageable de proposer plusieurs «lunettes» de cette observation lucide. Outre l’acquisition des valeurs d’Homme l’enseignement et l’éducation n’ont d’autres buts que cet examen des choses et la prise en compte des réalités qu'elles imposent. Les principales lunettes cette observation, ce sont les 100 cases du savoir. Parmi elles, il est des connaissances, des disciplines instrumentales sur lesquelles ce site reviendra bien souvent dans la rubrique « Enseigner-éduquer». Les experts, vers lesquels nos liens renvoient fréquemment se chargent d'expliquer, d'expliciter et d'approfondir les facettes de ces savoirs en perpétuelle mutation. Ils le font bien et nous offrent (gratuitement bien souvent) l'opportunité d'en profiter.



Jérôme Compaoré en 2008 à Reims, en France.
Enseigner et éduquer, un mérite reconnu et honoré
en Côte d'Ivoire
Chevalier du Mérite Ivoirien (1989)
Officier de l'Ordre de l'Education Nationale (
1989)
en France
Médaille d'Honneur du Travail (2004)

Si nous pensons à nos élèves, à nos enfants, si nous nous soucions de la société dans laquelle ils vont grandir et évoluer, il faut bien que chacun coopère selon ses propres moyens et sa sensibilité personnelle, et collabore au mieux à l’émergence de cet esprit altruiste que réclament le dialogue entre les peuples, entre les cultures, le dialogue entre les religions et l’ouverture à l’universel. Toutes choses qui conditionnent la paix sans laquelle tous les efforts de développement ne porteront que des fruits bien dérisoires.

Il n’ y a pas de fatalité d’affrontement irréversible entre les hommes. La bataille que nous devons mener ensemble, nous la connaissons : c'est celle contre la faim et la misère dans le monde. C'est donc celle pour le dialogue et la coexistence apaisée. En somme, il s'agit d'humaniser la mondialisation galoppante, afin de ne pas léguer, d'un coeur léger, aux jeunes que nous éduquons, un monde en proie aux déchirements et la misère subséquente. L’intelligence des religions (
auxquelles nous dédions la rubrique " RELIGION") et le discernement des choix philosophiques des hommes de notre temps doivent être au service de cet idéal.

Ce site ne vient en concurrence avec aucun autre. La mer, la mer immense est faite d'innombrables gouttes d'eau. Tautologie ! Ma goutte dans la vaste mer des sites web tient son rôle, insignifiant en soi, mais il joue sa partition qui n'a pas valeur de modèle ou de référence mais une partition qui veut être un échantillon de bonne volonté, faute de mieux (en ce moment) pour acter ma vision d'une solidarité agissante. Bien que louables les intentions à elles seules ne sauraient suffir. Il faut agir en sachant que seuls ceux qui n'agissent pas échappent à la critique (
pas toujours négatives d'ailleurs). Ceux qui n'entreprennent rien ne courent aucun risque de se tromper, sauf sur leur rôle vis à vis de la communauté. Elle leur procure tout et est en droit d'en attendre d'eux, selon leurs talents.

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A propos de critique constructive

Craignez-vous pour vos vers la censure publique ?
Soyez-vous à vous-même un sévère critique.
L'ignorance toujours est prête à s'admirer.
Faites-vous des amis prompts à vous censurer ;
Qu'ils soient de vos écrits les confidents sincères,
Et de tous vos défauts les zélés adversaires.
Dépouillez devant eux l'arrogance d'auteur ;
Mais sachez de l'ami discerner le flatteur :
(...)

Nicolas BOILEAU (1636-1711)
(L'art poétique)

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